Le Japon, le hanami, un océan de fleurs au pied des châteaux (1ère partie) – avril 2017

Le Japon, le hanami, un océan de fleurs au pied des châteaux (1ère partie) – avril 2017

Le Japon est pour nous un rêve d’enfant et d’adolescent : les mangas, la modernité, les gadgets « hi-tech », les pousseurs dans le métro, etc. En grandissant nous le fantasmons, avec ses temples, son histoire, ses cerisiers, son empereur. Le pays du soleil levant est une porte d’entrée sur l’Asie avec un soupçon d’occident. Il a su préserver son authenticité tout en s’ouvrant sur un monde globalisé. La distance et le fossé culturel qui nous séparent peuvent faire peur ou surprendre mais, dès notre arrivée, nous sommes emportés par une vague de calme et de zenitude. Notre voyage durera 10 jours avec comme étapes Hiroshima, Himeji, Kyoto et Tokyo.

C’est beau mais c’est loin !

Se rendre et voyager au japon représente un coût certain. Cependant, quelques astuces nous permettent de les limiter.

L’avion

Plusieurs compagnies aériennes desservent bien le Japon au départ de Bruxelles soit directement (ANA), soit avec une correspondance dans un grand hub européen (Lufthansa par exemple). On trouve les premiers prix Boeing 747 en partance pour l'Asieaux alentours de 600€ sans réservation de siège en classe économique, bagages compris (1x 23 kgs en soute avec une petite valise en cabine). Comme le voyage est long (12 heures), portez votre attention aux temps de correspondance. Elles peuvent rallonger sensiblement votre voyage. Si vous le pouvez, réservez votre voyage le plus tôt possible pour bénéficier des meilleurs tarifs.

Se déplacer

Une fois arrivé sur place, le plus simple est de voyager en train, le réseau est très bien maillé. Les lignes à grande vitesse et secondaires permettent de se déplacer facilement. Avant votre départ, optez pour le « Japan Rail pass », un ticket de train valable sur toutes les lignes pour 7, 14 ou 21 jours en seconde ou première classe. La location de voiture est relativement chère et nécessite la traduction de votre permis de conduire sur place. La conduite s’effectue à gauche et les panneaux sont en japonais.

Communications téléphoniques

Il faut également faire attention à vos communications téléphoniques et à l’utilisation du service de données mobiles de votre smartphone. Ces dernières vous seront facturées très chèrement par votre opérateur téléphonique européen. Vous pouvez louer un « pocket wifi » qui vous fournira un réseau sans fil pendant vos déplacements pour un rapport qualité prix imbattable. Il peut se louer en ligne en même temps que l’achat du japan rail pass. De plus, les hôtels sont quasiment tous équipés d’un wifi gratuit.

Se loger

Concernant ces derniers, on retrouve toutes les gammes de confort et de prix. Les hôtels et maisons d’hôtes (ryokan) sont très bien équipés. La principale différence avec nos hébergements européens est la surface des chambres. Elles sont nettement plus petites ! Dans les maisons d’hôte vous pourrez encore dormir sur un couchage traditionnel japonais : les futons. Ce ne sont pas des lits à proprement parler. Ils sont constitués d’un matelas assez fin que l’on replie après sa nuit et d’une couette. Les oreillers sont également plus fins que dans nos contrées. Le site booking vous propose une large gamme de logements. Vous pouvez également réserver directement sur le site japonais des hôteliers. La plupart sont disponibles en anglais. La restauration est relativement bon marché et d’une très bonne qualité. Le décalage horaire est de 8 ou 7 heures en fonction de l’heure d’été ou d’hiver.

Communiquer

Une dernière chose avant de partir, hors des grandes villes ou des endroits touristiques, l’anglais devient très approximatif. Google traduction sera d’une fiabilité plus que douteuse. La communication n’est pas toujours aisée mais le japonais est serviable. Si un client peut vous aider, il le fera avec plaisir. Il en est de même dans les transports en commun, si vous êtes perdus on viendra vous renseigner spontanément !

Divers

Enfin, un autre aspect très agréable est le taux de criminalité quasiment nul. Vous pouvez vous promener sans crainte à n’importe quelle heure. Il n’est pas rare de voir des téléphones portables oubliés attendant sagement leur propriétaire dans des pochettes en plastique transparentes à l’entrée des magasins.

Hiroshima et sa région, de l’île de Miyajima au mémorial de la première bombe A

Le temple d’Itsukushima

Les parcs à huitres de la baie d'HiroshimaDès notre arrivée à Tokyo, nous prenons le train pour la ville d’Hiroshima. Pour notre première journée et nous détendre après le voyage, nous visitons l’île de Miyajima. Elle se situe à quelques kilomètres de la ville. On y accède par un court trajet en train et une traversée en ferry d’une vingtaine de minutes. Le prix de ce dernier est compris dans le japan rail pass. Prenez votre journée pour visiter les temples, le village et grimper par le téléphérique sur le mont Misen et redescendre à pied.

Le ferry commence sa traversée en naviguant à quelques encablures de grands parcs à huitres. Cette dernière est une spécialité culinaire de la région. La plus grosse huitre chez nous ferait office de naine dans leur assiette. La plupart du temps, elle est servie chaude, son goût est assez fort, essayez-la, l’expérience est surprenante ! Nous arrivons ensuite sur l’image de carte postale des guides touristiques avec son immense torii rouge les pieds dans l’eau à marée haute. Il marque l’entrée du monastère d’Itsukushima. Il délimite le monde terrestre du monde spirituel. Les premiers pas sur l’île sont surprenants, des cervidés sont en libertés et viennent saluer les badauds.

Ensuite, le monastère tout en rouge vermillon se dévoile, lui aussi sur pilotis, les pieds dans l’eau à marée haute. Il est toujours en activité. Sa visite est possible moyennant quelques yens, en chaussettes, les chaussures dans un sachet. Généralement, le touriste européen s’arrête au village entourant ce lieu sacré. Les boutiques temples et pagodes sont nombreux et les rues typiques. A certains endroits on se croirait au Mont Saint-Michel tellement les chalands sont l’un sur l’autre ! D’ailleurs les deux villages sont jumelés.L'entrée de l'île de Miyajima

La saison de la floraison des cerisiers (Hanami pour floraison et sakura pour la fleur de cerisier) vient de commencer, le temps est clément, la température est douce, les habitants profitent du renouveau de la nature. C’est un véritable culte que les japonais vouent à cette fleur. La télévision annonce même lors des bulletins météorologiques l’avancement de la saison région par région. Les nippons se réunissent sous leurs arbres pour contempler les fleurs (sens primaire du mot hanami). De nos jours, la contemplation fait place au pique-nique en buvant un verre en famille ou entre collègue.

Le mont Misen et le sanctuaire de l’amour

Pour la suite de la journée, nous décidons de monter en téléphérique sur le mont Misen. La montée se fait en deux parties, d’abord des cabines plus classiques, ensuite plus petites où nous sommes entassés par six. Nous effectuons la descente à pied vers le village et le sanctuaire. Cette promenade prend approximativement deux à trois heures en visitant les différents temples et attractions sur le chemin (vue panoramique sur la baie d’Hiroshima).

Le temple de l'amou et sa flemme de 1200 ansSur la route, nous trouvons un petit temple où brûle un feu. Il y a 1200 ans le moine Kobo Daishi l’a allumé et a toujours été entretenu depuis. Les futurs mariés se sont emparés du lieu et il est maintenant dédié à l’amour. Le feu évoque la flamme de l’amour éternel. C’est un endroit très touchant pour les valeurs qu’il symbolisent. Les couples y viennent en pèlerinage. La petite histoire voudra que ce soit ce feu qui a allumé la flamme du souvenir au mémorial de la paix d’Hiroshima.

Nous repartons comblés par cette première journée au pays du soleil levant. Demain nous visitons le mémorial de la paix sur les lieux de l’explosion de la première bombe A.

Hiroshima, le mémorial de la bombe A

L'horloge de la paixPour toute personne visitant Hiroshima, il est inconcevable de ne pas effectuer une visite au mémorial de la paix. Quelle que soit notre opinion sur ce conflit, on ne peut rester insensible aux milliers de victimes disparues en un éclair et aux autres décédées des conséquences des radiations. Malgré ce lourd passé, Hiroshima renaît de ses cendres pour devenir une ville d’un million d’habitants pleine de vie.

Les plaques mémoriellesNous nous rendons sur le site à pied. En même temps, c’est un bon moyen de découvrir la ville. On remarque qu’elle est traversée par plusieurs rivières et des rues couvertes dédiées au commerce. Au fur et à mesure que nous approchons du lieu d’explosion de la bombe, les plaques mémorielles se succèdent. Tout ce qui a résisté à la bombe est honoré, principalement les arbres.

La cloche de la paixNous arrivons ensuite sur le site même du mémorial. C’est une vaste esplanade dédiée au souvenir et à la paix. De nombreux enfants et adolescents sont sensibilisés aux affres de la guerre. Si l’Empire du Soleil levant a été jadis capable des plus grandes atrocités envers ses voisins, il est devenu, un fervent protecteur de la paix. Une flamme du souvenir vient le rappeler ainsi que la cloche de la paix.

L’horloge de la paix que l’on pourrait qualifier de cataclysmique trône dans le hall du mémorial. Elle compte le nombre de jours passés depuis l’heure exacte de l’explosion atomique ainsi que le nombre de jours depuis le dernier test nucléaire. A la date de notre visite le compteur marquait 208 jours. L’heure n’est pas à la fête. Nous nous recueillons quelques instants.

le Dôme qui a résisté à l'explosionNous laissons le mémorial et nous nous dirigeons vers le pont de l’impact atomique. C’est un confluent entre deux rivières. La bombe a explosé à 600 mètres d’altitude pour maximiser son effet destructeur. Quasiment tout a été détruit dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Les habitants de cette zone ont été vaporisés instantanément. Seul le dôme de Genbaku a résisté. Ses occupants ont tous péri mais la structure a résisté. Il est conservé tel quel depuis lors et symbolise la folie de la bombe atomique.

Ecolières sur le chemin du retourNous repartons par des quartiers plus vivants complètement tournés vers l’avenir. On y trouve des magasins, des rues couvertes servant de galeries commerciales. Les échoppes sont nombreuses et la marchandise est variée. C’est une véritable symphonie de couleurs et d’odeurs.

Hiroshima est vraiment une ville à part. Elle est la seule, avec Nagasaki, à avoir subi le feu nucléaire. Elles symbolisent la folie humaine et la guerre totale poussée à l’extrême. Aujourd’hui Hiroshima s’est relevée et mérite un véritable temps d’arrêt. Nous la quittons à regret, il reste tant à visiter et Himeji nous attend.

Le château du Héron blanc à Himeji

Nous commençons notre remontée vers Tokyo en suivant la ligne du Shinkansen. Nous nous arrêtons pour 2 jours à Himeji. C’est le château du Héron blanc. Il a gardé sa structure en bois d’origine. Par chance, il a été épargné des bombardements américains de la seconde guerre mondiale.

Au Japon, il ne reste que 12 châteaux d’origine. Les vicissitudes de l’Histoire sont passées par là, incendies, tremblements de terre, guerres féodales et bombardements ont souvent eu raison de leur structure en bois. Himeji a résisté au temps qui passe. Il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et fait partie des 12 derniers édifices conservant leur structure initiale.

La ville est la plus petite que nous visitons. Elle compte tout de même près de 500.000 habitants. On remarque vite l’ambiance plus provinciale. La ville est à taille humaine. Dès la descente du train le château écrase tout, on ne voit que lui. Il est mis en valeur par une large avenue qui part de la gare jusqu’à à l’imposant bâtisse. Nous y restons 2 nuits. A notre arrivée, nous faisons une petite visite de la ville à pied. Les commerces sont nombreux, les enseignes internationales côtoient les échoppes plus traditionnelles. Le château attendra le lendemain.

Il faut prévoir un peu plus de la matinée pour visiter les jardins et le château. Les jardins sont un modèle dans le style japonais, tout est serein et zen, aucun brin d’herbe ne dépasse, la nature est scénarisée avec ses ponts, ses rivières et forêts de bonzaïs. La particularité d’Himeji est qu’il est composé de son édifice principal, des dépendances et du jardin. C’est un ensemble unique au Japon. De plus il a bénéficié d’une campagne de restauration qui s’est achevée en 2015.

L’arrivée au château se fait en passant au-dessus d’une immense douve. Si vous le désirez, vous pouvez effectuer une promenade en bateau avec le costume local. Ensuite on rentre dans l’enceinte proprement dite qui s’ouvre sur une immense esplanade plantée de centaines de cerisiers tous en fleurs. Le spectacle est superbe et enchanteur ! Des milliers de personnes sont en train de photographier les fleurs, déjeuner ou boire sur d’immenses bâches. On remarque les chaussures alignées consciencieusement le long de ces dernières.

Enfin, nous arrivons dans la cour du château en passant par un porte imposante gardée par un samouraï. La visite se fait en chaussettes et les chaussures dans un sac prêté à l’entrée. En fin de visite une pièce est spécialement aménagée pour remettre ses chaussures. Au fur et à mesure de la montée dans le bâtiment, les escaliers se raidissent et se font plus étroits. Nous passons dans plusieurs salles où nous pouvons admirer une maquette géante de la ville, des vitrines renfermant des objets et des armes de l’époque féodale. Les piliers en bois qui vont du bas à la plus haute salle sur lesquels s’articulent toute la structure sont impressionnants. Au fur et à mesure de la montée, l’épaisseur des murs diminue, l’artillerie ne montait pas aussi haut et il fallait moins de protection. Enfin, au point culminant, en haut d’un escalier qui ressemble plus à une échelle, nous accédons à un petit temple aménagé spécialement pour le shogun (seigneur local).

Ensuite, nous allons visiter les annexes et les jardins. La horde des visiteurs est moins nombreuse. Les occidentaux se focalisant sur le château. A titre personnel, il est dommage de passer à côté des jardins. Tout est voué à l’équilibre entre verdure et plans d’eau, chemins et pont japonais. La nature est un peu en avance grâce aux murs qui le protègent et compartimentent les espaces et au climat doux de la région. La rivière est l’élément traversant du jardin. Les koïs peuvent nager en toute quiétude dans une eau translucide. Le temps un peu laiteux nous rappelle les tableaux de Monet dans son jardin de Giverny. Nous laissons Himeji pour notre prochaine étape, Kyoto.