Bulgarie 2020 – Road-trip dans l’arrière-pays

Bulgarie 2020 – Road-trip dans l’arrière-pays

L’arrière-pays bulgare offre une diversité de paysages assez extraordinaire. De la mer noire au massif des Rhodopes la montagne n’est jamais loin. Les habitants vous diront que de chaque potion du territoire bulgare, les montagnes sont visibles. Nous l’avons vérifié, c’est exact. Le paysage se dessine entre vallées, collines et montagnes.

Nous laissons derrière nous Sofia et partons pour Varna, la perle de la mer Noire. C’est une ville balnéaire et touristique. A de nombreux égards, la côte ressemble un peu à la méditerranée. Des montagnes baignées par le soleil qui plongent dans une eau limpide. Nous prévoyons de parcourir la côte du Nord au Sud, de Varna à Bourgas. Nous parcourrons ensuite les montagnes du Sud avec la ville de Plovdiv comme porte d’entrée pour terminer par Véliko-Tarnovo, capitale du second empire bulgare.

Varna, perle de la mer Noire

De tous temps, la région a été prisée par les hommes. On retrouve des traces d’occupation remontant à la préhistoire. Plus récemment ce sont les grecs et les romains qui appréciaient la douceur de vivre de ces rivages. Actuellement, la riviera bulgare attire de nombreux russophones absents cette année pour cause de coronavirus.

L’ambiance est plus détendue, ici les ruines romaines côtoient des immeubles plus modernes. La mer est séparée de la route principale par un immense parc. Il longe la quasi-totalité de la ville. Comme partout dans le pays, il est agrémenté de nombreuses statues, terrasses et bancs. Des escaliers vous mèneront à la plage. La barrière végétale fait son petit effet, les bruits de la ville s’estompent. Le bord de mer est bordé par un très long bâtiment de style art nouveau abritant bars et restaurants. On y loue également des chaises longues. Tout est prévu pour y passer une journée agréable sous le doux soleil de septembre.

Les Bulgares sont également fous de piscines. Les compétitions sont nombreuses et très fréquentées. Il y en a pour tous les âges, des plus jeunes aux séniors. Varna est également une ville d’eau, des fontaines ou simplement des points d’eau jalonnent les rues. Elles sont toutes décorées de statues. Elles procurent aux habitants une eau pure et gratuite.

Varna n’est pas qu’une ville balnéaire, c’est aussi une cité antique. Les archéologues ont mis au jour deux établissements de bains romains et d’autres vestiges. Le système de chauffage par le sol est magnifiquement conservé. On devine encore la grandeur des thermes antiques juste en regardant la hauteur des voutes de ces établissements.

A quelques kilomètres de la ville, dans une falaise, un autre témoignage historique nous ramène au temps des chevaliers avec le monastère troglodyte d’Aladzha. Une communauté religieuse composée d’une dizaine de moines y avait élu domicile. Elle fut occupée jusqu’au XIVème siècle. Engloutie sous la végétation, il est aujourd’hui restauré et accessible au public. Le lieu, en pleine forêt est caché. Nous pouvons visiter les anciennes pièces de vie des moines ainsi que les tombes des ecclésiastiques creusés à même la falaise. Les jardins sont très agréables et propices à la rêverie. A l’entrée du site, un petit musée retrace l’historique du monastère et des fouilles qui ont permis sa résurrection.

Nous devons déjà laisser Varna derrière nous pour continuer notre route vers Bourgas, la dernière grande ville avant la Turquie.

La région de Bourgas

Nous continuons notre route le long de la mer Noire vers Bourgas. C’est une station balnéaire sans grand charme mais la région est très intéressante. Nous logeons à l’extérieur de la ville dans un petit chalet au cœur d’une forêt proche de la plage. Nous y passons quelques jours pour profiter du calme de la pinède. Nous décidons d’explorer la région et nous sommes attirés par le lac de Bourgas, grande étendue d’eau douce où de nombreux oiseaux migrateurs viennent y faire étape. Nous avons eu la chance d’observer le martin pêcheur et de nombreuses autres espèces. La région est rurale. Les témoignages d’un ancien passé industriel et militaire sont présents.

Comme partout sur la côte on trouve des vestiges de l’empire romain. Nous tenons ici à saluer la gentillesse du conservateur du musée de l’ancienne cité de Deultum. Sa passion pour le site est débordante. Il s’est fait un plaisir de nous guider au travers des différentes pièces découvertes sur le champ archéologique voisin. Ce dernier est accessible aux visiteurs. Il ne possède pas de barrière, les ruines sont accessibles sans filtres. Les bâtiments, murs d’enceintes ne sont pas reconstitués. Nous pouvons ici observer le processus des fouilles et nous mesurons l’ampleur de la tâche restante, des hectares de prairies vierges à creuser pour y découvrir des trésors enfouis. Malheureusement, le manque de moyens financiers retarde les travaux.

Le Château de Ramadinovo et Sozopol

Sur la route de Sozopol, petite station balnéaire de la côte, nous faisons étape au château de Ramadinovo. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est un édifice récent tout droit sorti de l’imaginaire de son concepteur. L’architecture est d’un style fantastique. Des armures d’elfes de chevaliers et d’orques gardent l’entrée flanquée de deux tours vaguement médiévale. Les fenêtres ont des allures de casques. C’est un mini parc d’attraction au milieu de nulle part. Il faut bien admettre que le lieu a son petit succès, les visites sont nombreuses. On y vient pour s’y promener, faire des photos de mariage. Plus étonnant, on y trouve même une chapelle. Tout est artificiel, un peu clinquant certains diront tape à l’œil, ce qui est sûr, c’est que l’endroit ne laisse pas indifférent. C’est pourquoi il mérite une visite. C’est un lieu unique que l’on pourrait comparer à un mini Disneyland sans les attractions.

Nous continuons notre route vers Sozopol. L’ambiance est tout à fait différente, un joli front de mer, un port de pêche avec des restaurants. Le poisson et les produits de la mer y tiennent une place de choix. Les boutiques se succèdent dans les petites rues typiques. L’ambiance est détendue en cette fin d’été. Les terrasses sont remplies d’une foule qui se désaltère sous les arbres de la place du village. On pourrait se croire en Provence, la partie de pétanque en moins. L’église orthodoxe du village est aussi un lieu de culte rendu aux marins disparus en mer.

Plovdiv et sa région

S’il y a bien une ville à ne pas manquer lors d’un voyage en Bulgarie c’est bien Plovdiv. La ville fut d’ailleurs capitale européenne de la culture. Dans l’antiquité, on pourrait même la qualifier de métropole. Elle disposait d’un stade où les jeux se déroulaient. Mais son plus beau vestige est le théâtre accroché à flanc de colline. Il est situé sur les hauteurs de ville. La vue pour les spectateurs est singulière, voir les artistes et derrière le mur, dans les arcades, le coucher de soleil sur la cité.

Les ruines antiques ne font pas tout, la ville a toujours été occupée. On retrouve donc des bâtiments du moyen-âge et d’autres plus moderne.

Nous logeons dans la petite ville de Peshtera, c’est une des entrées du massif montagneux des Rhodopes. A partir de là, la route devient plus montagneuse. Nous allons nous promener autour du lac de Batak. Grande étendue d’eau artificielle prisée par les habitants du cru pour y passer du bon temps.

Sur la route du retour, nous visitons la Cave Snejanka. Grotte naturelle au cœur de la forêt sur un circuit de randonnée. La route d’accès est véritablement chaotique, le nom de piste serait plus approprié. Le croisement d’autres véhicules n’est pas facile. Malgré son isolement, nous sommes nombreux pour visiter la grotte. Cette dernière est sèche, plus de rivière souterraine mais de très belles concrétions. On peut déplorer l’éclairage qui n’est pas adapté à l’environnement souterrain. On trouve de nombreuses tâches vertes sur les pierres, conséquence de la lumière artificielle. Prenez une bonne paire de chaussure, une fois sur le parking, il faut marcher un bon kilomètre pour rejoindre l’entrée du site. En conduisant il faut également faire attention aux animaux qui gambadent en liberté (nous avons croisé quelques vaches).

Veliko-Tarnovo

Nous devons déjà quitter la région de Plovdiv pour notre dernière étape, la ville de Véliko-Tarnovo, capitale du second empire bulgare.

Comme partout dans le pays les montagnes ponctuent le paysage et les routes. La ville est littéralement accrochée à la montage. Un immeuble à front de rue peut avoir trois ou quatre étages en façade et autant en sous-sol. La cité épouse les méandres de la rivière Yantra. Ce dernier est surplombé par le monument de la dynastie Assens. C’est une sculpture monumentale moderne érigée pour commémorer la libération du pays de l’Empire Byzantin.

Outre les petites ruelles de la ville et les nombreuses échoppes, la citadelle est la seconde attraction de la ville. C’était le centre administratif et religieux du second empire bulgare. Située au sommet d’un éperon rocheux, la citadelle est protégée par plusieurs portes d’accès et de hauts murs. L’église au sommet est une reconstruction très réussie. L’intérieur est décoré avec des fresques modernes montrant que passé et présent peuvent cohabiter de manière harmonieuse. Nous pouvons ici toucher l’histoire bulgare dans toute sa grandeur. C’est un véritable plaisir que de terminer notre tour du pays par cette étape.

Et pour finir …

Moins touristique que sa voisine du Nord, la Bulgarie ne laisse pas indifférente. Les montagnes sont partout. Où que l’on soit dans le pays, elles sont toujours visibles. De la Mer Noire à Sofia, on découvre un pays à la croisée des chemins entre traditions et modernité. Un pied en Europe, à la porte de l’Asie, et jardin de la Russie, son peuple est écartelé entre ces différentes influences. La société bulgare est le reflet de cette multiculturalité, les mosquées sont voisines des églises. Ajoutez-y le caractère d’un peuple millénaire, vous obtenez une identité unique. C’est un voyage qui ne laisse pas indifférent.