La Norvège, d’Oslo au Cap Nord (1ère partie) – juillet 2018

La Norvège, d’Oslo au Cap Nord (1ère partie) – juillet 2018

Nous n’avons pas l’habitude de regarder vers le Nord. Pour les vacances, la tradition veut que nous nous dirigions vers le Sud et ses températures élevées. Et pourtant, les pays scandinaves ne sont pas dépourvus d’attraits ! Pour une fois, nous cédons à leur appel et mettons le cap vers la Norvège, Oslo, Tromsø, le Cap Nord, le soleil de minuit, la culture viking et les fjords. Comme nous connaissons mal ces contrées, nous nous documentons dans quelques guides touristiques (Loneley Planet) et sur le site de l’office de tourisme de Norvège. Ce dernier est très bien conçu et regorge d’endroits potentiels à visiter. Voici le récit de nos deux semaines de voyage. Nous étions loin de nous douter du véritable road trip qui nous attendait.

Généralités

Ce pays ne fait pas partie de la Communauté européenne mais de l’espace économique européen. Cela signifie que les règles sur la consommation sont les mêmes que pour le marché commun. C’est un avantage car vos communications, vos SMS, vos datas (via la 4G) sont au même prix que dans votre pays d’origine (à condition de résider en CE). Les formalités douanières sont également réduites au minimum. Pour passer la frontière, la carte d’identité en cours de validité est suffisante. Le temps de vol pour Oslo est de deux grosses heures et les liaisons sont directes à partir de Bruxelles par SN Brussel Airlines ou SAS. Les compagnies low-cost desservent également Oslo.

Le pays est étendu, plus de 3000km du Nord au Sud. Le réseau ferré ne dessert pas le grand Nord. Il vous faudra prendre l’avion pour couvrir les plus grandes distances. Pas d’inquiétude, les prix sont très démocratiques à ce niveau. Les compagnies SAS ou Norvegian assurent une dizaine de rotations par jour entre Oslo et Tromsø (la grande métropole du Nord). Pour se loger les coûts sont dans la moyenne d’un pays comme la France. La restauration reste relativement onéreuse surtout si vous aimez un verre de bière ou de vin. L’alcool est taxé très fortement. Une simple bière de 33cl se monnaie aux alentours de 8-9€. Vous pouvez visiter les supermarchés pour réduire les frais de bouche, les prix sont nettement plus accessibles. Les vins et les alcools forts sont vendus dans des magasins d’état.

La monnaie locale est la Couronne norvégienne, 1€ vaut approximativement 10 couronnes. Comme le pays est membre de l’espace économique européen, vous n’avez pas de souci à vous faire pour les frais bancaires, vous pratiquez de la même manière que dans votre pays d’origine. Les cartes de banque (Maestro) ou de crédit (Visa, Mastercard) sont acceptées quasiment partout.

La voiture

Si vous désirez vous éloigner des grands centres urbains, vous ne ferez pas l’économie d’une location de voiture. Elle est indispensable pour rejoindre le Cap Nord. Vous trouverez toutes les grandes enseignes à Tromsø (la grande ville du Nord de la Norvège). Par souci de commodité, si vous louez un véhicule, nous vous conseillons de le réserver sur internet et de ne pas en prendre possession à l’aéroport. Vous éviterez ainsi les longues files d’attente et pourrez obtenir un meilleur tarif. Au centre-ville, vous avez des agences au port maritime dans le bâtiment réservé aux passagers. Les marques Hertz et Europcar y sont présentes. Un permis B valide suffit pour voyager au volant d’une voiture familiale. Le taux d’alcool toléré par les autorités est de 0,02% et les amandes sont dissuasives. Ne conduisez donc jamais en ayant bu même un verre !

Dans le Nord, les autoroutes sont inexistantes. La conduite est très civilisée. Les voyageurs respectent les limitations de vitesse même sur les très longues lignes droites (généralement 80km/h). Le réseau routier est en bon état. Certains ponts et tunnels sont payants. Ceux-ci sont renseignés à l’avance. Les frais vous seront directement portés en compte par l’agence de location. Parfois, il vous faudra prendre le ferry. Ils sont très communs et leurs tarifs ne dépassent pas les péages des autoroutes françaises par exemple. Cela rajoute du charme au voyage et procure une pause bien méritée. A bord, vous pourrez consommer un café ou d’autres boissons. Sur les traversées les plus longues, on trouvera même de quoi se restaurer. Ces liaisons vous permettent d’économiser de nombreux kilomètres ainsi que du temps en évitant de longer un fjord et de vous faire découvrir de merveilleux paysages.

Oslo

Nous commençons nos vacances par la ville d’Oslo. L’aéroport est excentré et nous prenons le train pour nous rendre au centre-ville. Les liaisons sont régulières tous les quarts d’heure. Pendant la phase d’atterrissage, nous sommes étonnés, la banlieue est très verte et la nature est bien présente. Nous logeons sur les hauteurs de la ville près du parc « Holmenkollen » tout entier dédié au ski. L’été, les sportifs s’entraînent au biathlon sur des skis à roulettes. Notre hôtel est au pied du sautoir à ski, entouré de sapins à flanc de colline.

Bien que la ville soit étendue, elle est très bien desservie par les transports en commun (métro, tram, bus, et bateau). Les buildings sont rares on a plus l’impression d’être dans une ville de province que dans une capitale. Nous avons de la chance, le temps est avec nous et nous accompagnera pour l’intégralité de notre séjour. La température est clémente et flirte avec les 25°.

Pour faciliter nos visites et déplacements, nous optons pour un pass de 3 jours nous donnant accès à la plupart des attractions de la ville et aux transports (Oslo pass). La carte coûte 820 couronnes pour 3 jours et est disponible sur le site « visit oslo ».

Oslo n’a pas vraiment un centre historique à proprement parler. Elle dispose quand même de quelques bâtiments remarquables comme la citadelle ou le palais royal. Le véritable attrait de la ville est sa nature, son foisonnement culturel, son fjord et ses musées.

La citadelle vaut le déplacement. C’est une ancienne forteresse qui protège l’entrée de la ville. C’est un lieu de promenade agréable le long des remparts bordés des anciens canons. Nous n’en avons pas visité l’intérieur. L’arrière de la citadelle donne sur de petites rues et le quartiers des ministères.

Le musée Munch

Un incontournable de la capitale est le musée Edvard Munch. L’artiste norvégien est né en 1863. Il décède en 1944 à Oslo et lègue des milliers d’œuvres à la ville par décision testamentaire. Il est très tôt marqué par la mort de ses proches et appartient au mouvement expressionniste. Il rencontre d’autres peintres lors de voyages en France et en Allemagne. Les autorités norvégiennes le reconnaîtront de son vivant. Sa toile la plus connue est « Le cri ». Il en existe cinq versions. Malheureusement celle détenue par le musée n’était pas exposée lors de notre passage. L’absence de ce tableau star passe presque inaperçu tant la variété de son œuvre est impressionnante. On retrouve les mêmes tourments que dans la peinture d’un Van Gogh. En parcourant son histoire, nous apprenons qu’ils souffraient du même mal qu’est la dépression. Il faut croire que chez certains hommes la maladie met en exergue leur talent. Munch révèle avec brio les turpitudes de l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle.

Pour sa peinture, il s’inspire principalement du fjord d’Oslo ou de sa propre famille. Même si son œuvre date de la fin du XIXème début du XXème siècle son message reste d’actualité. Le musée Munch est accessible avec « l’Oslo pass ». Comptez la matinée pour effectuer la visite de manière tranquille. Des fascicules (en anglais) sont mis à votre disposition gracieusement. Il est difficile de rester insensible à sa peinture. On se perd vite dans les méandres de l’esprit de l’artiste. Nous quittons le musée ravis d’avoir mieux connu Edvard Munch et interpellé par son histoire marquée par la mort.

Le Oslo sportif

Notre hôtel est situé au cœur d’un complexe sportif tout entier dédié au ski nordique et saut à ski. L’été, les pistes sont utilisées pour la promenade, le ski sur roulettes ou bien encore le VTT. C’est un massif boisé de sapins.

Prenez le métro et descendez à la station terminus « Frognerseteren » pour le point de départ des randonnées. La descente vers le saut à ski vous prendra deux bonnes heures en flânant dans la forêt. Nous sommes à 30 minutes de métro du centre-ville et le changement d’atmosphère est saisissante. On pourrait se croire dans les alpages alors que nous sommes à 469 mètres au-dessus du niveau de la mer. La nature est présente partout, vous croiserez de nombreuses espèces de plantes. Le chant des oiseaux est presque assourdissant tant la voiture est absente. En fin de balade, nous arrivons sur le parc de ski avec son sautoir. Ce dernier est très impressionnant et nous décidons de le visiter.

Le Holmenkollbakken

C’est un des plus vieux tremplins à ski du monde. Il date de 1892 et a connu de nombreuses rénovations. Le stade actuel date de 2009 et peut accueillir 30.000 spectateurs. Sans neige, c’est une structure de béton et de métal. On dirait une vague métallique qui déferle sur la colline. Les amateurs d’émotions fortes pourront s’essayer à sa descente le long d’une gigantesque tyrolienne. La vue de face nous rempli d’admiration pour ces sauteurs qui affronte un dénivelé vraiment très raide. C’est une véritable performance physique et mentale que d’affronter cette pente.

Pour les moins aventureux, le sautoir se visite de l’intérieur. On y trouve un musée sur l’histoire du lieu. Le public est également sensibilisé aux conséquences du réchauffement climatique. En effet, la neige apparaît de plus en plus tard sur le sautoir et de moins en moins longtemps. Un dernier escalier nous conduit à la station panoramique sur le plus haut point du tremplin. La vue sur le fjord et les montagnes est impressionnante. De là, Oslo s’offre à notre regard et réussit la synthèse entre environnement et monde urbain.

Le Fjord d’Oslo

Nous décidons de passer une journée sur le fjord d’Oslo. Il est difficile de l’ignorer tant l’eau nous entoure. Nous embraquons sur un petit ferry (compris dans l’Oslo pass) pour la presqu’île de Bygdøy. La traversée prend une dizaine de minutes sur des eaux calmes aux tons d’un bleu profond. Le musée viking et du Kon-Tiki nous attendent à quelques mètres du débarcadère ensuite ce sera les plages du fjord pour y passer l’après-midi.

Le musée du Kon-Tiki

Nous commençons par le musée du Kon-Tiki. Il est construit juste à côté du musée des explorations polaires. La Norvège est une terre qui a porté les plus grands explorateurs aussi bien dans les eaux polaires que tropicales. Comme nous ignorions cette dernière spécificités, nous décidons d’en savoir plus. Le musée accueille ses visiteurs par un moaï, une statue similaire à celles que l’on trouve sur l’île de Pâques. Il retrace la carrière de Thor Heyerdahl et son équipe. Il a consacré sa carrière d’antropologue à travailler sur les peuples polynésiens. Sa plus grande réussite est la traversée de l’océan indien à bord de son radeau (le Kon-Tiki) en 1947. Il a ainsi prouvé que ces derniers pouvaient se déplacer sur de longues distances à bord d’embarcations rudimentaires. Sa pensée était à contrecourant des ses confrères. De ce point de vue, il a participé à faire évoluer la science en la forçant à abandonner ses préjugés sur ces peuplades et prouver que les flux migratoires ne se sont pas déroulés dans le sens Amériques-île de Pâques mais Polynésie-île de Pâques.

On peut y admirer ses différents radeaux, objets de la traversée ainsi que différentes pièces archéologiques. La grande nouveauté de son expédition est qu’il en a fait un film. C’est un des premiers témoignages du genre. Il a ainsi participé à la vulgarisation et à la diffusion du travail des scientifiques auprès d’un large public. Il récolta le prix du meilleur documentaire aux Oscars en 1951. Thor Heyerdahl fait honneur à ses origines vikings en participant à leur séculaire tradition d’exploration même si c’est sur un terrain plutôt tropical ! Comptez entre deux petites heures pour la visite dans une ambiance feutrée.

Le musée des navires vikings

Nous poursuivons par un autre incontournable quand on veut mieux comprendre l’histoire du peuple norvégien, le musée des navires vikings (compris dans l’Oslo-pass). Son architecture évoque la quille d’un drakkar retourné. Le lieu est un peu plus touristique mais les visiteurs sont relativement peu nombreux. Le bâtiment abrite des reconstitutions de drakkar, des objets vikings dont certains très bien conservés et des structures de bateaux d’époque.

Il montre combien les vikings n’ont pas seulement pillé les rivages français ou anglais, ils ont découvert el Groenland et Terre-Neuve, commercé, échangé. Nous sommes étonnés : comme au musée du Kon-Tiki, les embarcations ne sont pas démesurées, elles sont mêmes petites par rapport aux distances parcourues.

Du point de vue de nos cultures latines et romanistes, on a souvent tendance à considérer cet art et civilisation comme « barbare ». Quand vous sortez du musée ce jugement à priori doit tomber tant la finesse des sculptures, de l’orfèvrerie montre une civilisation raffinée et cultivée. La beauté est partout ! La ligne des navires est étonnamment moderne, le design des pièces est quasiment contemporain tant les lignes sont épurées.

Là aussi prévoyez 2 heures pour déambuler dans les différentes salles qui couvrent l’histoire norvégienne de la préhistoire au moyen-âge.

La matinée a été riche d’apprentissage sur la culture et l’esprit norvégien, il est temps de se détendre, place à la plage.

Les plages du fjord d’Oslo,

Comme le temps est ensoleillé, nous passons notre dernière après-midi à la plage sur les rivages du fjord d’Oslo. Il faut se rendre à l’évidence, toute la ville s’est donné rendez-vous sur les bords mer. Il faut dire qu’il fait bon vivre en cette chaude après-midi de juillet. L’eau est à température idéale, translucide et calme. On peut y nager, comme dans une immense piscine naturelle.

Tout est prévu pour passer un bon moment, une plage de sable, des pontons pour plonger, une petite aubette pour se restaurer. C’est une magnifique pause avant de se diriger vers le grand Nord le lendemain. Au-delà du cercle arctique, nous nous attendons des températures nettement plus froides. Les prévisions météorologiques sont maussades dans cette partie du pays, seulement quelques degrés au-dessus de 0° et un temps nuageux.