La Norvège, De Tromsø au Cap Nord (2ème partie) – juillet 2018

La Norvège, De Tromsø au Cap Nord (2ème partie) – juillet 2018

Introduction

Pour la deuxième partie de notre voyage, nous arrivons à Tromsø, Un bon nombre de touristes y commence leur périple nordique. C’est la grande ville septentrionale de la Norvège. Elle est desservie par un port et un aéroport et sera notre point de départ vers le Cap Nord. Elle n’est pas accessible en train. La ville se situe au cœur d’un fjord, sur une île reliée par deux ponts, au Nord et au Sud. Les eaux sont calmes et miroitantes. Malgré sa situation, c’est une ville vivante qui dispose de toutes les infrastructures modernes. Comme à Oslo, on n’y trouve pas de grands immeubles. Le plus grand étant l’hôtel « Scandic » qui domine le port.

C’est également une cité universitaire. Les jeunes sont nombreux, les lieux de sorties comme les cafés, restaurants, cinémas, etc. ne manquent pas.

Nous logeons dans un petit hôtel avec une très belle vue sur le port et la cathédrale des Glaces. Le spectacle du soleil de minuit promet d’être grandiose.

Même en été, prévoyez des vêtements chauds. A notre arrivée les températures sont proches de 0° (elles remonteront par la suite). Il faut dire que nous sommes bien au-dessus du cercle polaire.

C’est également là que nous prenons possession de notre voiture de location pour une semaine. Par facilité nous avons réservé cette prestation directement par internet auprès du loueur local, proche du centre-ville, au terminal des navires de croisières. Ce dernier se situe à deux pas de notre hôtel.

Une route un peu folle sous Tromsø

La ville est bâtie sur une montagne. L’aéroport est d’un côté et le centre ville de l’autre. Ils sont séparés de quelques kilomètres. A la sortie de l’aéroport, vous entrez dans un tunnel, nous découvrons alors un véritable petit réseau routier avec son rond-point, ses multiples sorties et un parking immense. Ce dernier était un abri antiatomique au temps de la guerre froide.

Au premier abord, c’est un peu surprenant mais très pratique. On passe d’un côté à l’autre de la cité sans passer par les petites rues. C’est une voie de communication essentielle en cas de fortes chutes de neige.

La cathédrale des Glaces

Un monument inratable à Tromsø est sa cathédrale. Elle est de culte protestant et comme c’est la coutume, l’entrée est payante. Il en est de même en Roumanie à Brașov (voir notre précédent reportage). C’est un édifice moderne qui détone au milieu des maisons en bois. Le bâtiment garde l’entrée de la ville. C’est le point de départ de la route vers le Nord ou le Sud.

Comme dans chaque lieu de culte protestant, l’intérieur est dépouillé, pas de statue, pas de Marie, pas de Saint, juste un immense Jésus en vitrail sur fond bleu. A l’avant, l’autel pour permettre au pasteur d’officier. Le dénuement doit permettre une foi plus véritable, sans artifice, libérée des idoles du catholicisme. L’orgue est l’autre autre élément démesuré. Il est intégré à la structure du bâtiment. Le lieu dégage une ferveur malgré la simplicité.

Les catholiques ne sont pas pour autant absents du pays. Les fidèles disposent également de leur propre cathédrale. Il faut avouer qu’elle est nettement moins grande. Par rapport à nos pays elle fait office d’une chapelle ! Cependant, tout y est, le siège de l’évêque, les images de saints, etc. Nous sommes bien dans un lieu de culte catholique romain. La spiritualité est identique mais la manière de l’exprimer est différente.

Le jardin des plantes alpines et arctiques

Tromsø dispose d’une université avec une section botanique. A ce titre, elle dispose d’un jardin. Il est très particulier car il regroupe les plantes qui poussent en milieu froid. Le jardin botanique est le plus Nord du monde et à ce titre unique. De plus, il a remporté de nombreuses récompenses pour sa beauté. Il fait partie des 10 plus beaux jardins du monde selon la BBC et « the Guardian ».

A l’inverse de ses homologues plus tempérés, on ne trouve pas de grands arbres. Le froid prolongé et la saison plus tempérée étant très courte, les arbres sont absents. D’ailleurs plus on se dirige vers le Nord, plus la variété et la taille des arbres diminuent. On trouve énormément de bouleaux qui se rabougrissent au fur et à mesure de notre montée vers le Nord jusqu’à complètement disparaître au profit d’un tapis végétal.

L’entrée du jardin est gratuite. On y passe deux bonnes heures à déambuler entre les différentes espèces de plantes de montagne ou polaires. Les couleurs sont éclatantes, du rose, du bleu, du jaune. En fonction de leur origine, elles sont soit à l’ombre pour les plus froides ou alors au soleil pour les spécimens venant des montagnes turques ou arméniennes. La diversité de la flore poussant sous ces latitudes est étonnante. Nous sommes en juillet et c’est la belle saison. Par rapport à la Belgique on est en plein printemps. Les températures commencent juste à dépasser le zéro. Les mousses et lichens sont très présents. Ils forment une sorte de petite forêt miniature que l’on prend plaisir à observer.

Le lieu est propice à la flânerie, comme partout en Norvège vous pourrez vous y arrêter pour boire un café ou manger une gaufre. Même si vous n’avez pas la main verte, c’est un petit havre de paix qui mérite que l’on s’y arrête.

De la neige en juillet

Avant de prendre la route, nous décidons de passer un peu de temps sur les hauteurs de la ville. Y accéder est simple, à partir de la cathédrale des Glaces, suivez les panneaux pour arriver à la station de téléférique. Vous grimperez ainsi sur la montage surplombant la ville. On comprend mieux alors ce réseau routier sous la ville qui est établie sur une petite colline.

Il ne faut pas parcourir cent mètres avant de tomber sur les dernières plaques de neige de la saison. Qu’importe ! Pour nous c’est toujours surprenant. Nous ne boudons pas notre plaisir de s’adonner à une petite bataille en règle. Les hauteurs sont également le point de départ de plusieurs randonnées. Nous y passons le début d’après-midi, ensuite nous passons à l’office de tourisme pour se renseigner sur les sites à visiter en dehors de la ville.

Promenade sur l’île de Sommarøy et visite de la région

Nous voilà déjà à notre dernière journée complète à Tromsø. Nous sommes allés chercher notre voiture la veille au soir et partons explorer l’ouest de la région sur les conseils de l’office de tourisme local. Nous contournons l’aéroport, passons le pont et quittons l’île et la ville de Tromsø.

Dès lors, l’ambiance change, on ne trouve plus de maisons mais de larges étendues sauvages. Les routes longent des bras de mers. Le temps n’est pas superbe, nuages et vent sont au rendez-vous.

Qu’importe, les paysages sont superbes, entre monde minéral, forêts et embruns. Nous nous éloignons toujours et au bout d’une grosse heure de chemin et quelques arrêts photos, nous arrivons vers midi sur l’île de Sommarøy pour manger. Comme la visite n’était pas spécialement préparée, nous pensions trouver un petit restaurant. Malheureusement le village se résume à quelques maisons, une station-service (pour voiture et bateaux) et un magasin d’alimentation.

Depuis quelques jours, nous avons pris l’habitude de pique-niquer le midi. Nous allons donc y faire nos petites emplettes. Nous achetons plutôt du classique, un peu de fromage, de charcuterie et quelques spécialités locales, du poisson séché. C’est surprenant au goût mais c’est un en-cas roboratif. Vu le climat, les norvégiens doivent en avoir grand besoin.

On n’y pense pas spécialement, mais l’endroit regorge de magnifiques plages de sable. Bien sûr personne en maillot de bain mais plutôt des écoles de voile ou de plongée. Les courants qui bordent ces côtes sont très riches et les eaux claires et poissonneuses, l’artisanat de la pêche est bien présent.

Attenant à la supérette, on trouve un petit local décoré avec des dizaines de tasses clouées au mur. Elles appartiennent aux habitants qui viennent s’y retrouver pour partager un moment de convivialité autour d’un café. Le bois et la décoration en font un coin cosi. Nous en profitons pour nous y installer après avoir demandé la permission aux personnes déjà présentes. Elles nous accueillent à bras ouvert et nous partageons une boisson chaude (il fait 5° dehors et un vent à décorner les bœufs !). Apparemment, les touristes ne sont pas légion dans la région.

Au-delà des grands espaces, on se frotte vite à la solitude. Tromsø est à plus d’une heure de route, les divertissements sont absents. Cependant, les marqueurs d’une communauté soudée sont prégnants. École, magasin, arrêt de bus et convivialité en forment la colonne vertébrale.

En fin de journée nous repartons surpris par ce mode de vie. Cette première découverte de la nature norvégienne n’est qu’un apéritif. Nous savons à quoi nous attendre pour la route du lendemain.

En route pour le Cap Nord

Ça y est ! Les valises sont dans le coffre, nous prenons la route et commençons par traverser le pont qui relie la ville à la route du Nord. Nous saluons la Cathédrale qui Glaces qui veillera sur nous pour la suite du voyage. Très vite, les habitations deviennent plus clairsemées, la nature prend le dessus. Nous traversons des forêts sur des routes tantôt plus larges, tantôt aussi étroite que de petites départementales françaises. Nous prenons le chemin des écoliers d’une part pour voir du pays et d’autre part pour gagner du temps en évitant de longer les fjords. Ce parcours nous impose de prendre à plusieurs reprises le bateau. C’est très courant en Norvège et très bien organisé. On se gare sur le parking du terminal et on attend le ferry. Il y a des lignes de parkings, c’est le principe du premier arrivé, premier embarqué. Lors de la saison touristique, ils sont très utilisés, prévoyez donc un peu d’attente si votre voyage se déroule durant ces périodes. A bord, vous pourrez vous restaurer ou boire une boisson (non-alcoolisé) autour d’une table, assis dans des fauteuils confortables.

La plupart du temps la vitesse est limitée à 80 ou 90km/h. Les conducteurs sont civiques et respectent les limites. Sur la route, les véhicules sont nombreux, camions, camping cars, voitures, motos et même vélos se côtoie. La conduite doit donc être prudente. Vous devrez aussi être attentifs à un invité un peu particulier, les rennes. Ils se promènent en liberté dans les grands espaces et les routes ne les arrêtent pas. La collision avec l’un d’eux pourra gravement compromettre l’intégrité structurelle de votre véhicule. Les zones sensibles sont signalées par un panneau ad hoc.

Nous faisons une halte dans la ville d’Alta. Elle n’a pas un attrait extraordinaire, sa spécificité est plutôt historique, son fjord a servi d’abri pour le cuirassé allemand « Tripitz » lors de la seconde guerre mondiale. L’autre point d’intérêt est une magnifique collection de fossiles en plein air et le musée qui y est attaché. Nous passons deux nuits dans la région. Lors de notre journée de visite nous préférons visiter des gorges creusées par la rivière et son ancienne carrière d’ardoise. Nous nous arrêtons également pour visiter une petite église construite par les mineurs de la région lors du début du siècle.

Arrivée sur les terres du Cap Nord

En quittant Alta, nous tournons le dos à la civilisation moderne pour rentrer sur la terre du dernier peuple indigène d’Europe, les Samis. A partir de ce point, plus de grandes agglomérations, les grands arbres font place à des arbustes, la diversité des essences diminue. Plus nous montons vers le Nord, plus la végétation se fait rare. Elle devient rabougrie jusqu’à disparaitre complètement. Elle est remplacée par des mousses, lichens, graminées. A bout d’une petite journée de route nous arrivons au camping de la petite ville de Skarsvag, le plus au nord du monde (paraît-il !).

La saison touristique bat son plein. Nous sommes étonnés, les tentes sont nombreuses malgré le froid. Nous logeons dans une cabane bien équipée avec tout le confort moderne et une petite cuisine. Nous avons fait au préalable quelques provisions. Cependant nous ne résistons pas à la spécialité locale. Nous gouterons du renne. Il est souvent servi en ragout. La viande ressemble un peu à du mouton mais avec un goût un peu moins prononcé. Elle est servie avec une sauce aux airelles.

Le soleil de minuit est bien présent et la luminosité ne diminue pas beaucoup malgré l’heure tardive. La lumière est superbe mais les tentures n’occultent pas vraiment la pièce. Si jamais l’aventure vous tente, prenez un masque de nuit dans vos bagages pour vous assurer un minimum de sommeil de qualité.

Et enfin, le Cap Nord

Il faut distinguer deux sites, le premier est touristique, il dispose d’un grand parking (payant) et d’un centre touristique. Vous pouvez juste payer le parking sans accès à la partie muséale du site. La visite est intéressante sans être transcendantale, c’est un bâtiment moderne à flanc de falaise. L’impression de bout du monde n’est pas vraiment présente. On y croise campings cars, bus de tourisme, voitures et motos. Il faut cependant admettre que c’est difficile de passer outre un passage par ce lieu étant donné que le Cap Nord géographique est situé en pleine cambrousse à 10 km de la première route.

Si vous êtes en bonne forme physiquement et que la marche ne vous fait pas peur, vous pouvez vous arrêtez sur un petit parking le long de la route à quelques kilomètres du Cap Nord touristique. Les voitures y sont moins nombreuses. Armez vous d’une bonne paire de chaussures et prévoyez quelques heures de marches en pleine nature. La route est balisée par des petits tas de pierres, impossible de se perdre. La randonnée n’est pas très technique sauf à un ou deux endroits plus escarpés. Pas d’inquiétude, vous n’aurez pas besoin de piolets ou de crampons.

La flore est également présente. Nous sommes à la belle saison et les fleurs sont partout. La lande est parsemée de touches de couleur mauve, jaune, ou bleu. On ne compte plus les rivières et ruisseaux que nous traversons. Ici c’est vraiment le bout du monde, au-delà de la mer de Barents, il n’y a plus que les îles du Svalbard et le pôle Nord.

Nous traversons des paysages majestueux, d’abord de la pierre, on n’aperçoit pas la mer. Petit à petit, cette dernière se dévoile et peu avant notre but, nous débouchons sur une hanse aux eaux calmes. Il faut encore marcher 30 minutes avant d’arriver à une petite construction. Nous y voici, le Cap Nord Géographique. A l’intérieur, un cahier avec le nom des randonneurs nous y inscrivons notre nom.

C’est le point final de notre voyage, nous sommes au bout du bout, nous savourons ce moment et ensuite devons déjà repartir vers Oslo et la Belgique la tête remplie de ces merveilleuses images. Nous emportons dans nos valises les rayons du soleil de minuit et quelques spécialités locales à faire goûter à nos proches.Nous nous promettons de revenir dans le Nord pour admirer un autre spectacle, les aurores boréales.

Liens utiles

https://www.visitnorway.fr/

https://www.flysas.com/fr-fr/

https://www.visittromso.no/

Photos de Norvège juillet 2018 (Tromsø-Cap Nord)