Bulgarie 2020, Sofia et le monastère de Rila

Bulgarie 2020, Sofia et le monastère de Rila


Lorsque l’on réfléchit à ses envies de voyage, la Bulgarie n’apparaît généralement pas en haut de la liste. Pourtant ce pays des Balkans dispose de nombreux atouts comme la riviera de la mer noire, des montagnes majestueuses, une histoire riche de plus de deux mille ans et une très bonne gastronomie.

Il faut cependant rester honnête, la culture de l’accueil et du tourisme n’est pas dans les gênes bulgares. Seuls les endroits plus fréquentés comme la mer noire bénéficient des standards occidentaux. Généralement vous trouverez une petite aubette pour l’achat des billets et des aménagements rudimentaires à l’intention des visiteurs. C’est au autre approche loin des cars bondés permettant à son esprit de vagabonder.

La différence se fait le plus sentir dans l’accueil, un peu froid au premier abord. Les hébergements sont tout à fait conformes tout en étant teinté d’une petite touche un peu rétro. On se croirait dans un épisode de Colombo tout droit sorti des années nonante.

Aller en Bulgarie, c’est choisir le dépaysement. On découvre une culture métissée entre Occident et Orient. Nous nous retrouvons immergés dans un univers riche de sa diversité où les cathédrales côtoient les mosquées et les synagogues.

Quelques informations pratiques avant de partir…

Le pays est accessible facilement depuis les grandes capitales européennes en avion. Vous pouvez aussi vous y rendre en voiture. Dans ce dernier cas, n’oubliez pas d’acheter une vignette pour circuler sur le réseau routier. Elles sont disponibles dans la plupart des stations-services.

La Bulgarie fait partie de l’Union Européenne. Vous ne devrez donc pas faire établir de passeport pour vous y rendre. Le pays ne fait pas partie de l’espace Schengen ni de la zone Euro. La monnaie locale est le LEV, et vaut approximativement 0,5€. Vous retrouverez donc le charme de passer la douane et de manipuler une monnaie différente.

L’usage de l’anglais est couramment rependu dans les grands centres urbains. Les campagnes sont rurales et largement désertées par les jeunes générations qui préfèrent la ville. De nombreuses maisons sont abandonnées et certains bourgades ressemblent à des villages fantômes.

Les principales localités et attractions touristiques se visitent en deux semaines. Pour vous déplacer, vous pouvez emprunter les lignes aériennes intérieures, le réseau ferré (dense mais vieillissant) ou la voiture.

Les autoroutes sont en cours de construction et ne couvrent pas l’intégralité du territoire. Il vous faudra donc prévoir des temps de parcours plus long. L’état des routes est très mauvais une fois que vous sortez des axes principaux. Faites attention, les nids de poule peuvent parfois être impressionnants et par endroits ils ne permettent pas des vitesses supérieures à 20km/h. Vous croiserez également de nombreux animaux errants tels que des chiens ou des vaches (en régions montagneuses). Vous êtes aussi susceptibles de croiser des attelages tirés par un âne ou un cheval. La conduite nocturne n’est pas conseillée, les routes étant mal éclairées.

La restauration est de très bonne qualité. Les entrées sont composées de salades ou de soupes, les plats principaux se déclinent entre grillades et plats mijotés. Pour accompagner votre repas, vous pouvez opter pour de la bière (en ½ litre) ou du vin. A l’image de la société bulgare, sa gastronomie est partagée entre la méditerranée pour les légumes du soleil, la Turquie pour ses sucreries et pâtisseries sans oublier générosité slave pour ses plats mijotés.

Si la Bulgarie n’est pas connue pour ses bières locales, la culture du vin dispose d’un réel savoir-faire. Nous ne pouvons que vous conseiller la dégustation d’un excellent Mavrud, un vin issu d’un ancien cépage local du même nom. Son goût est incomparable avec son terroir particuliers et ses notes fruitées.

Le pourboire n’est pas obligatoire mais si vous êtes content du service, vous pouvez en laisser un. Dans ce cas, il s’élèvera approximativement 10% de l’addition. Le prix moyen pour un repas (plat boisson) est de 10€, si vous voulez un service complet, en fonction de l’établissement comptez un budget de 20 à 30€ par personne (entrée, plat, dessert + boisson). Le pain est toujours compté en supplément. Notre addition la plus salée était de 40€ par personne pour une qualité gastronomique.


Sofia

Sofia est devenue la capitale de l’état bulgare depuis 1878 à l’issue de la guerre russo-turque. C’est une capitale jeune et cela se ressent. Les bâtiments historiques antérieurs à cette période sont plus petits. Les constructions postérieures à cette date reflèteront le changement de statut de la ville. Ils seront plus vastes.

Pour une capitale, Sofia est une petite ville. Deux jours complets suffisent pour faire le tour de ses principaux bâtiments. Comptez un ou deux jours en plus si vous voulez visiter l’un ou l’autre musée ou faire une excursion jusqu’au monastère de Rila.

Généralement, on s’imagine les capitales avec de nombreux buildings modernes. Sofia fait exception à la règle. Les édifices sont à taille humaines et la ville est très verte. Les avenues sont bordées d’arbres et les parcs nombreux. Les vestiges de la période communiste sont encore bien présents. De-ci et de-là, si vous ouvrez les yeux, vous en croiserez quelques témoignages.

Lors de son accession au titre de capitale, le centre-ville a changé, de larges avenues ont été percées et la ville s’est modernisée. Malheureusement, le vue actuelle ne reflète pas sa beauté de jadis. Dans beaucoup de quartiers, les bâtiments, les trottoirs manquent d’entretien. On peut mesurer le marasme économique et la corruption généralisée dans lequel le pays est plongé en dépit des aides européennes.


Ses statues

Nous n’avions jamais vu ça auparavant, la statuaire de rue est présente plus que partout ailleurs. Il y en a à chaque coin de rue. Elles représentent des hommes illustres, des religieux, des animaux (surtout des lions) ou des vestiges communistes.

Le lion symbolise la force de l’empire bulgare. Il est présent partout, sur les ponts, au pied des églises ou simplement sur les drapeaux.

On remarquera par la suite que Sofia n’est pas une exception dans le pays. Toutes les villes que nous avons visitées en sont remplies, des statues à chaque coin de rue ou ornant chaque fontaine publique. Ces dernières sont d’ailleurs très populaires. Le public est nombreux pour venir remplir leurs bouteilles vides.

Par cette manifestation de cet art de propagande ou de commémoration, on peut mesurer la ferveur des Bulgares pour leur culture. C’est un peuple ancien et fier qui est passé au travers de nombreuses turbulences historiques telles que l’occupation ottomane ou la période soviétique.


Le quartier historique

Le quartier historique s’ouvre sur le pont aux lions et en enfilade vous pourrez admirer la grande mosquée de Sofia. Au regard des mosquées des pays musulmans comme l’Égypte ou la Turquie, elle passerait pour un édifice de village. C’est pourtant la plus ancienne d’Europe. Elle date de la fin du XVIème siècle. Ses proportions sont harmonieuses. Elle fait partie d’une trilogie avec la cathédrale et la synagogue démontrant que des religions différentes peuvent vivre ensemble sans conflit.

Ne négligez pas de faire un petit tour dans le parc attenant. Il est très agréable et nous avons pu profiter d’une très belle vue sur l’édifice à l’ombre des arbres. Le bruit de la fontaine vient agréablement ponctuer cette petite pause.

De l’autre côté du parc, à un jet de pierre, vous trouverez les anciens bains de Sofia. Ils abritent aujourd’hui le musée d’histoire régional de la ville. Les couleurs vives apportent une touche de gaîté. Au pied de la mosquée on peut observer quelques ruines romaines mises au jour.


Le quartier officiel

On y rentre par un impressionnant champ de ruines romaines. Elles sont mises en valeur de manière très agréable.

En remontant vers le parlement vous traverserez une place bordée par les ministères gardé par une statue monumentale de Sainte-Sophie. Elle est érigée sur l’ancien emplacement de la statue de Lénine et semble garder de sa bienveillance le quartier des ministères. Le parlement ouvre le quartier officiel. Les rues changent de couleur. Les pavés sont jaunes. Il existe d’ailleurs toute une série d’expressions telles « qu’être né sur les pavés jaune » que l’on pourrait traduire par « être né avec une cuillère d’argent dans la bouche ». Le quartier contraste fortement avec le reste de la ville, les avenues sont larges et les parcs plus étendus et mieux entretenus.

A l’autre bout du quartier, niché dans un parc, nous trouvons un témoignage du passé communiste du pays. Le monument aux armées soviétiques. C’est un mémorial qui vient faire la propagande du grand frère russe. Par son histoire le pays a développé des relations étroites tant avec le Tsar qu’avec la Russie actuelle. De nombreux touristes russes viennent encore profiter des rivages de la Mer noire. C’est une large esplanade dominée par une sculpture monumentale de style un peu martial représentant un soldat soutenu par un ouvrier et une femme symbolisant la famille.

Avant de quitter Sofia pour le monastère de Rila, nous visitons deux monuments, l’un majestueux et l’autre à taille humaine. La cathédrale orthodoxe Saint-Alexandre-Nevski est une imposante bâtisse surmontée de nombreuses coupoles dorées. En repartant, la visite de l’église russe de Sofia s’impose. Elle a des airs de petit Kremlin avec ses bulbes typiques.

Comme à notre habitude, nous visitons le jardin botanique. Celui-ci appartient à l’université. C’est le plus petit que nous avons visité. Cependant c’est un lieu prisé des habitants. Il viennent flâner, se reposer sous le doux soleil de septembre ou bien encore prendre les photos de leur mariage. Sa position est privilégiée pour regarder les dômes de la cathédrale sous un œil nouveau.


Le Monastère de Rila

Situé à 1h30 de route, au Sud de la ville, perché au cœur des montages, le monastère de Rila est une petite merveille d’architecture. Le site est très riche et nous ne pouvons que vous conseiller de prendre un guide. Nous avons demandés à une agence de voyage locale d’organiser cette excursion. Sur la route vous pouvez faire un petit arrêt pour visiter les pyramides de Stob, formation géologique étonnante évoquant la forme de pyramides.

Le site labellisé UNESCO est une invitation à la spiritualité. L’ensemble est bordé de colonnades noire et blanche. L’église au centre du complexe vous fera découvrir en images l’ancien et le nouveau testament. La représentation de l’enfer est également surprenante. Les tableaux sont résolument modernes. Pourtant elles datent de presque deux siècles et ont été exécutée par des artistes sans formation académique. Les thèmes abordés sont universels, on y retrouve le mensonge, la dépravation ou bien encore la dépendance. Bien entendu, les cieux et le paradis sont en haut et l’enfer est en bas des murs. De cette manière, les populations souvent illettrées à l’époque pouvaient accéder aux saintes Écritures.

L’intérieur est lui aussi tout aussi étonnant. Comme dans chaque église orthodoxe, les icônes et reliques sont partout. Encore aujourd’hui, les fidèles sont nombreux à venir prier.

l’iconographie orthodoxe répond à des règles très strictes. Nous avons appris que la tradition ne permettait de représenter la Vierge avec l’enfant Jésus que sous trois formes : en majesté (assise sur un trône avec Jésus sur ses genoux), tendresse ou miséricorde (joue contre joue avec Jésus) et directrice (Jésus est sur son bras gauche et elle désigne Jésus de sa main droite comme la voie à suivre). Les couleurs peuvent également se lire comme un code. Chacune à sa signification et ne peut être utilisée que dans des cas très précis. De même, l’iconostase (partie qui sépare le public du monde sacré que seul le prêtre peut franchir) est richement décoré par des icônes placées dans un ordre très précis. Dans les grandes églises, il peut compter jusqu’à treize personnages.

A la fin de votre visite passez par le musée du monastère. La mise en valeur des pièces religieuses et liturgiques vaut le détour. Vous pourrez admirer une croix entièrement sculptée dans une pièce de bois qui a nécessité plusieurs années de travail à son auteur. La sculpture est une véritable dentelle. Les plus petits détail sont inférieur au millimètre.

C’est sur cette note que s’achève notre visite de Sofia. Nous allons changer d’ambiance et partir pour Varna. Nous commencerons notre visite de l’arrière pays par les rivages de la Mer noire.