Versailles sous le soleil de septembre

Versailles sous le soleil de septembre

22 octobre 2021 0 Par Gilles

En Belgique, nous sommes voisins de la France. C’est indéniable, le pays tout entier est une grande attraction culturelle et touristique. Régulièrement, nous y passons quelques jours pour se dépayser. Cette fois ci c’est Versailles qui nous a attirée, proche de Paris mais pas trop parisienne, c’est une ville à taille humaine. Nous y sommes restés deux nuits et avons principalement visité le château et ses jardins. La visite est physique, prenez une bonne paire de chaussure de marche, le château est grand et les jardins sont immenses.

Quelques considérations personnelles

Notre hôtel est situé un peu à l’écart du château. On accède à ce dernier par une avenue large et arborée. Malheureusement, la route est latérale et nous ne pouvons découvrir le palais de face. Nous devons contourner un peu la place d’armes pour avoir une vue plus globale.

La première impression est celle de massivité, le palais écrase son environnement. Le château est plus un complexe composé d’un bâtiment principal et de plusieurs annexes disposées tout autour de la place d’armes. D’une certaine manière, il fait penser au palais de Ceausescu à Bucarest en Roumanie. En effet, lui aussi est massif et mis en valeur par une large avenue par laquelle on y accède. Tous deux sont le symbole de l’absolutisme d’un homme sur son peuple. Chacun à sa manière a transcendé le savoir-faire des forces vives de son pays pour montrer ostensiblement le pouvoir de l’homme fort du moment. Ces constructions ont été tellement chères qu’elles ont asséché les finances publiques et participé à la paupérisation des citoyens. D’une certaine manière, si ces dirigeants avaient eu à cœur le bonheur de leur peuple, la révolution aurait pris des formes moins violentes. Aujourd’hui c’est un témoignage du passé inestimable que l’on peut visiter et admirer.

Versailles est devenue un musée. Il abrite de nombreux bustes et statues de personnages illustres de la France, du mobilier précieux et de nombreuses fresques et tableaux. Ce n’est pas sans une certaine ironie qu’au détour d’un couloir, Montesquieu, théoricien de la séparation des pouvoirs et père du principe de l’état de droit toise l’absolutisme des rois de France dans leur propre palais.

Le Château

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas l’œuvre que d’un seul homme. Bien sûr Louis VIX en est l’artisan principal mais ses successeurs ont tous voulu marquer le château de leur empreinte.

Il faut compter la matinée pour visiter l’intérieur. Malheureusement une grande partie du mobilier a été dispersé ou abîmé par le temps et l’histoire. Il n’empêche que les pièces présentées sont d’une grande valeur. Le château est une succession de hautes pièces en enfilade. On y découvre les chambres du Roi et de la Reine ainsi que les salles de garde et des pièces à vivre.

La galerie des glaces est présentée comme le clou de la visite. Effectivement, la pièce est majestueuse et l’effet optique est impressionnant. On imagine très bien le faste des réceptions royales du grand siècle. Malheureusement, et c’est une impression personnelle, les glaces, les chandeliers, les lustres et les dorures sont victimes de leur succès. Les touristes viennent les admirer mais ignore d’autres chefs-d’œuvre comme la galerie des batailles aménagée par Louis Philippe.

La chapelle royale est également un endroit incontournable de la visite. Vous ne pourrez pas y rentrer, l’entrée est interdite. Les visiteurs restent sur le pas de la porte que ce soit au rez-de-chaussée ou à l’étage, là où le Roi assistait à la messe. Sa restauration récente est une réussite. Elle s’inspire directement de la Sainte chapelle de Paris.

La visite de l’intérieur du château est une visite à faire, il reflète cet art français si célèbre à l’international. Cependant, on retrouvera le même soin dans d’autres édifices. La réelle richesse de Versailles c’est l’architecture et l’extérieur du bâtiment. C’est le canon du classicisme français qui sera la norme dans toutes les cours européennes durant le XVIIIème siècle, tout le monde voudra imiter Versailles.

Les jardins, le grand et le petit Trianon

Les jardins sont la véritable réussite de Versailles. Sans ses jardins, Versailles n’est rien. C’est une symphonie de bassins, d’étangs, de jeux d’eau qui donne vie aux statues. Pour l’époque, c’est une prouesse technique d’amener autant d’eau dans les jardins sur de si grandes distances. Dans beaucoup d’endroits c’est encore la tuyauterie d’époque qui est utilisée. Il faut profiter de la demi-journée restante pour déambuler entre les bosquets agrémentés de statues réalisées à la mode antiques. Diane côtoie Poséidon ou Bacchus au détour d’arbres centenaires. Les concepteurs des jardins ont particulièrement travaillé la perspective. A chaque étage, elle est étudiée tantôt pour magnifier le château, tantôt pour se retrouver isolé dans un écrin de verdure à l’abri des bruits de la cour.

Directement sous la terrasse du château, on trouve des centaines d’arbres en caisse. Ils proviennent de l’orangerie. Ils sont sortis l’été et rentrés pour passer l’hiver. Leur nombre impressionnant représentait la puissance du roi de France. En effet pourvoir entretenir cette forêt en pot toute l’année demandait ressources importantes. A sa manière n’orangerie était un autre marqueur de la suprématie française.

Il faut s’éloigner et marcher plusieurs centaines de mètres, quitter les rives du grand canal pour arriver sur deux joyaux architecturaux que sont le grand et le petit Trianon. Ce sont de plus petits logis, à taille humaine, où les souverains français passaient du temps à l’écart de la vie de cour. Ils apparaissent, dans le fil de la visite, après la grandeur du château et l’immensité des jardins comme une respiration apaisante dans la journée. Faites également un tour par le Hameau de Marie-Antoinette, reconstitution d’un village ou la Reine aimait jouer à la fermière.

Pour en terminer, si vous avez l’occasion étalez votre visite sur deux journées, la première consacrée au château et au Trianon (le grand et le petit) la seconde pour les jardins. S’il vous reste du temps, la ville est intéressante car elle reste marquée par son passé royal.